Nos origines : note d’intention

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Session d’écoute du premier groupe d’étudiants, 15 septembre 2015

C’est en pleine Crise des réfugiés, face au dur constat d’une situation polarisée, que Wintegreat a été créée. D’une part, les amalgames menaient à l’aveuglement et à l’impossibilité de voir les talents derrière l’image du réfugié. D’autre part, aucune solution réelle n’était déployée pour permettre que des personnes qui cherchent refuge puissent le trouver dans des conditions qui préservent leur liberté de reprendre une vie descente en adéquation avec leurs exigences.

S’il y a urgence, c’est en pensant au temps long et donc d’abord à la nécessité d’apprendre le français pour le futur que Wintegreat a commencé dès le 15 septembre 2015, date de sa fondation, à accueillir de jeunes réfugiés (au nombre de 7) à ESCP Europe pour les écouter, tenter de comprendre leur situation et leur besoin et commencer à mettre en place des cours de français.

Au-delà de cours de français, et conscients de ne devoir s’y limiter dans un souci de mettre en place une aide globale pour l’insertion socio-professionnelle, seul moyen de répondre à ces problèmes, la démarche de l’organisation a été de considérer l’éducation comme vecteur prioritaire d’intégration : l’éducation, en termes de contenus certes, mais surtout à travers l’environnement qu’elle suppose. C’est en étant convaincus que les Grandes écoles et universités en France et en Europe constituent cet environnement favorable nécessaire, où peuvent naître plusieurs connexions entre acteurs très différents sur tous les plans, que nous avons décidé d’y implanter un programme complet pour faciliter l’adaptation et l’insertion socio-culturelle et économique des réfugiés. A travers celui-ci, nous avons souhaité apporter une solution pragmatique et inclusive pour amener ces personnes à rebondir, où les relations interpersonnelles jouent un rôle crucial.

Notre engagement pour l’intégration accorde ainsi une grande place à l’échange, transculturel et transgénérationnel, et à la possibilité de développer des relations dans un cadre formel comme informel pour recréer le lien social, élément inévitable pour constituer un socle sur lequel peut être construit le parcours personnel de l’étudiant et sans lequel rien n’est possible.

Dans cette mesure, il est question de saisir l’opportunité de cette nouvelle donne, certes pour éviter toute entrée dans un processus d’exclusion, mais surtout en considérant l’apport mutuel qui résulte de l’initiative, sur plusieurs échelles et dans plusieurs domaines, tant sur le plan économique que social ou culturel. Nous sommes en effet convaincus que l’intégration des réfugiés et demandeurs d’asile dans la société française est vecteur de richesses, économique¹, démographique comme culturelle. Cet accueil est nécessaire tant pour remettre de la liberté et un peu de justice dans la vie des personnes à qui nous venons en aide que pour éviter de créer plusieurs vitesses dans une société qui serait alors fragilisée par l’absence d’action concrète et pragmatique. Plus que nécessaire, bien accueillir est de notre devoir, car l’asile est un droit de l’homme fondamental de notre société et que la défense de valeurs premières comme la liberté ou l’égalité suppose ce respect. C’est aussi comprendre que les personnes réfugiées, loin d’être un groupe uniforme et « à part », ne sont que « vous et moi » et sont porteuses d’un message qui ne se limite pas à elles mais concerne bien toute la société. En arrivant à tout reconstruire dans un pays au départ inconnu, après avoir souvent tout perdu, elles sont porteuses d’optimisme par les multiples exemples qu’elles constituent.

Comprendre donc. Expliquer, aussi, pour informer et lever le voile sur la réalité de l’humain trop souvent dissimulée derrière la stigmatisation. Mais avant tout, Agir, pour mettre en œuvre, ensemble, dans un commun effort partagé, de manière constructive et autour d’un nouveau schéma de relation équilibré, les conditions de réussite des personnes à qui Wintegreat vient en aide.

Notre défi : construire un nouveau « nous », témoin d’une société plus ouverte et remplie de perspectives où chacun peut exprimer son potentiel.

Théo Scubla, Président et co-fondateur de Wintegreat

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A la genèse du projet : premiers dialogues entre étudiants, professeurs et administration pour mettre en place le premier programme Wintegreat
Présent au milieu avec la chemise blanche, notre président d’honneur Alexandre Lederman, co-fondateur des Restos du Coeur